Khazen

Magazine entretien Farid Elias el Khazen
Ce qui sépare la majorité et l’opposition n’est pas lié aux développements régionaux. Preuve en est, si nous étions parvenus à nous mettre d’accord sur une formule consensuelle, nous aurions évité bien de déboires. Soyons clairs, en tant que Bloc du Changement et de la Réforme, nous n’acceptons, en aucune manière, que l’Iran, la Syrie ou n’importe quel autre pays, intervienne dans nos affaires et redevienne un acteur principal sur la scène libanaise. Certes, des répercussions moyen-orientales sur le Liban existent, mais si nous parvenons à nous entendre entre Libanais sur une plate-forme commune dans laquelle aucune partie ne se sent lésée, le problème sera résolu.
Les incidents à caractère sectaire qui ont lieu vont-ils vous inciter à prendre d’autres mesures pour accélérer la démission du gouvernement?
Nous dénonçons formellement tout acte de violence. Il est de la responsabilité de l’armée et des Forces de sécurité intérieure (FSI) de remplir leur rôle pour éviter tout dérapage. Nous allons poursuivre notre sit-in et décider, peut-être, d’autres mesures à prendre au moment opportun. Espérons, par ailleurs, que la démarche entreprise par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, porte ses fruits. Nos demandes ne sont pas difficiles à satisfaire, une participation active au gouvernement et non le sabotage comme certains le présentent.
Risquons-nous un conflit entre sunnites et chiites comme d’aucuns le craignent? Ce scénario est-il possible?
Les éléments externes et internes d’une guerre n’existent pas actuellement. Il n’y a pas de mobilisation dans ce sens. En 1975, le pays était en ébullition et il a suffi d’une étincelle pour que la guerre éclate. On n’en est pas là. La situation est complètement différente. Il peut y avoir, en revanche, des incidents sécuritaires, des assassinats…
Les derniers incidents inter-chrétiens ont montré que les choses ne vont pas au mieux au sein de la communauté. La situation risque-t-elle de dégénérer?
Certains chrétiens de la majorité ont cru que l’assassinat de Pierre Gemayel leur offrait l’opportunité de neutraliser le mouvement aouniste. Toute leur démarche indiquait que tel était leur objectif: les attaques contre les locaux du parti, les photos du général déchirées, les provocations verbales…, je pense qu’ils ont compris que l’élimination d’un courant enraciné au sein de la société n’est pas chose facile et que leur comportement n’aboutira qu’à créer plus de tensions.